Pourquoi se couvrir la tête en Kundalini Yoga ?

Photo : Philip Corsant Colas


Nam Prem Kaur article mis à jour en 2026

Un tissu blanc enroulé autour du crâne. C'est souvent la première image qui vient quand on parle de Kundalini Yoga. Et c'est presque toujours la première question qu'on me pose en cours : est-ce que je suis obligée de me couvrir la tête ?

Je vais te répondre. Mais avant, je veux te dire d'où vient ce geste, ce que l'enseignement en dit, et ce que j'en ai fait, moi, avec mon histoire et mon foulard de la Guadeloupe.

Ce que dit l'enseignement de Yogi Bhajan

D'après ses enseignements, Yogi Bhajan nous a appris que les cheveux sont vivants et qu'ils ont une fonction énergétique. Ils régulent l'entrée de l'énergie solaire dans le corps. L'enseignement invite donc à les laisser pousser, à en prendre soin, et à les tenir rassemblés au sommet du crâne. Se couvrir la tête vient compléter ce mouvement. L'enseignant recommandait un tissu en coton ou un turban enveloppé, et ceci :

  • Le couvre-chef te permet de commander ton sixième centre, le chakra Ajna, le point entre les sourcils.
  • Il crée un foyer méditatif et accorde le circuit fonctionnel des deux hémisphères du cerveau.
  • Il stabilise le crâne, dont les os bougent en permanence, de quelques micromillimètres seulement, mais suffisamment, dit la tradition, pour influer sur nos niveaux de calme et d'anxiété.
  • Il maintient la matière cérébrale et le champ électromagnétique dans une forme de cohérence.

L'enseignement est précis sur un point : c'est la tête entière qui se couvre, pas seulement le chakra couronne.

Pour la sadhana, il recommandait un tissu naturel et non statique, le coton, et les cheveux tenus en place. L'idée : l'énergie solaire descend librement par le septième chakra, rencontre la force rayonnante du plexus solaire, et permet à l'énergie de la Kundalini de s'élever. Des cheveux dénoués, non tenus, non couverts, viendraient perturber cet équilibre électrique.

Une précision d'honnêteté. Ces explications appartiennent au corpus du Kundalini Yoga tel que Yogi Bhajan l'a transmis. Ce sont des descriptions traditionnelles, pas des faits validés par la recherche. L'« ajustement crânien » que procurerait un turban bien serré, par exemple, circule beaucoup dans les milieux yogiques, mais aucune étude ne l'établit. Je préfère te le dire clairement plutôt que de te vendre de la neurologie qui n'en est pas. Ce qui suit, en revanche, je peux en parler : c'est mon expérience.

Source de cette partie : enseignements diffusés par la 3HO Foundation.

Le turban comme technologie

Tous les couvre-chefs rendent service à une pratique méditative. Le turban a ceci de particulier qu'en enroulant cinq à sept couches de tissu, tu enveloppes les tempes et l'ensemble du crâne d'une pression douce et continue.
C'est cette pression qui fait la différence. Elle ne serre pas, elle tient.
Et quelque chose, dans le corps, répond à cette tenue.

Certains enseignants portent le turban pour cette seule raison, un outil de concentration, rien de plus, rien de moins. C'est une manière parfaitement valable de l'aborder.

Est-ce obligatoire de se couvrir la tête ?

Non. Et je tiens à le dire tôt dans cet article, parce que beaucoup de gens n'osent pas poser la question.
Se couvrir la tête est une recommandation de l'enseignement, pas une condition d'entrée. Pour mes élèves, je n'impose rien. C'est un choix, un désir, une compréhension, un ressenti. Tu peux pratiquer le Kundalini Yoga cheveux libres, en bonnet, en bandeau, en foulard, ou tête nue. La kriya fera son travail. Sauf, quand il est recommandé lors d'une pratique particulière, souvent pour éviter les maux de tête. 

Ce que je te propose plutôt : essaie. Une séance avec, une séance sans. Observe ce qui change dans ton attention, dans ta posture, dans ta façon de tenir la durée d'une méditation longue. Ton corps te répondra mieux que moi.

Et si tu choisis de te couvrir la tête, la forme t'appartient. Tant que le chakra couronne est couvert et que le crâne est bien tenu, ça me va.  À chacun·e de trouver son inspiration.

Attache un foulard. Assieds-toi. Pratique.

Puis dis-moi ce que tu as senti, c'est toujours ce moment-là qui m'intéresse le plus.

Satnam

Et si tu veux savoir pourquoi, moi, je porte le turban : "Du marè tèt" au turban : pourquoi je me couvre la tête

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