Photo : Migail Montlouis-Félicité
En gurmukhi, le turban se dit pugaree. Pug, le pied. Garhee, la forteresse. Une forteresse posée à tes pieds, c'est l'image qu'employait Yogi Bhajan pour décrire ce que le turban fait tenir : le crâne, l'attention, et selon lui, la personnalité tout entière.
Je ne saurais pas te dire si mon crâne s'ajuste. Mais je peux te dire pourquoi, moi, je porte le turban.
Si tu cherches d'abord ce que l'enseignement dit du couvre-chef, et si c'est obligatoire, c'est par ici : Pourquoi se couvrir la tête en Kundalini Yoga ?
Par respect pour l'enseignement
Je porte le turban pendant un enseignement ou une pratique du Kundalini Yoga, avant tout, par respect pour l'enseignement et mon engagement envers la pratique et la transmission que j'en fais.
Ça, c'est ma première raison.
Parce que je le vaux bien
Oui, je mérite de gagner en élévation, en alignement, en protection. Je n'ai aucune gêne à le dire ainsi.
Parce que chez moi, on dit "marè tèt"
Dans ma culture antillaise, nous connaissons la coiffe. Et ce n'est pas seulement une question d'esthétisme : c'est une question de protection. Du chakra couronne, et de tout notre être.
Née à la Guadeloupe, j'ai grandi avec ce geste. Chez nous, on ne dit pas « turban » : on dit la coiffe, on dit marè tèt. Nouer un tissu sur sa tête n'est pas une importation spirituelle, c'est une mémoire, une transmission, une élégance.
Alors quand, pendant ma formation d'enseignante, on m'a demandé de me couvrir la tête, je n'ai pas été choquée. J'ai reconnu.
Très vite, j'ai ressenti le sens de ce geste. Cette présence, cette tenue, cette posture qui s'imposait avec douceur et naturel.
Je pense que la non-résistance y a été pour beaucoup.
Parce qu'il tient ma concentration
Porter le turban favorise ma concentration et me permet de maintenir une posture ancrée et élégante. Je le trouve élégant, j'aime le sentir, je me l'approprie. J'ai avec lui une relation sacrée dès l'instant où je le mets, où je l'attache, où je le porte.
Je prends soin de mes tissus, je les range, je les plie correctement, tout comme mes tenues. Turban et tenues sont sacrés.
Il est intéressant de remarquer que quand on ne met pas son cœur à l'ouvrage de l'attache, eh bien, on galère ! Le tissu glisse, refuse, se défait. Le turban est un excellent détecteur de dispersion.
Et pourtant, je m'autorise la souplesse
J'ai aussi appris avec le Kundalini Yoga la non-rigidité. Maintenant, il m'arrive de pratiquer, et parfois d'enseigner, sans turban. C'est différent. Ni mieux ni moins bien. Différent.
Pour mes élèves, je n'impose rien. C'est un choix, un désir, une compréhension, un ressenti. Tant que le chakra couronne est couvert et que le crâne est bien tenu, ça me va. Mais à chacun·e de trouver son inspiration
Depuis les révélations sur Yogi Bhajan, beaucoup de pratiquants ont réexaminé les marqueurs de la tradition. Moi, mon foulard, je ne le porte pour personne. Il vient de chez moi autant que de ma formation.
Fais l'expérience
J'invite toujours à faire l'expérience du turban pendant une pratique de Kundalini Yoga.
Attache un foulard. Assieds-toi. Vois ce qui se passe.
Satnam